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Le livre au XVIIIème siècle

2-livreauxviii250pix.jpgAu XVIIIe siècle, le livre est encore artisanal : de la fabrication du papier, à l’impression sur presse à bras en passant par la fonte des caractères de plomb, c’est encore sur la force de l’eau, du vent et surtout l’habileté et la force des hommes que repose sa production. Le livre est souvent vendu en feuilles, que l’acheteur fera relier à sa convenance ; il est transporté en tonneaux, et diffusé par des libraires qui sont aussi éditeurs, parfois imprimeurs, mais toujours commerçants : pour eux, l’aspect intellectuel de l’édition se double nécessairement d’un aspect financier.

Parfois, ils lancent une souscription pour récolter les fonds importants nécessaires à l’impression. Concurrents acharnés, les libraires peuvent aussi s’associer pour des affaires d’importance : ce sera le cas de Le Breton, David, Briasson et Durand qui signent en 1745 un « traité de société » pour l’Encyclopédie : malgré les multiples péripéties de l’aventure, ils n’auront pas à le regretter.

On a dit que le XVIIIe siècle est le “temps du livre triomphant”. Véhicule principal de l’information et du savoir, il est aussi un objet de prestige et un puissant vecteur d’émancipation.

Pourtant, dans la France d’Ancien Régime, il est soumis à une censure préalable du gouvernement, exercée par le Directeur de la Librairie, sorte de Ministre de la Culture qui peut accorder le

« privilège royal » sans lequel nul écrit ne peut être imprimé ou diffusé en France. Diderot et Voltaire seront tous deux emprisonnés à cause de leurs écrits.

Le gouvernement prétend ainsi empêcher la circulation d’idées impies ou « séditieuses », et souhaite aussi avoir l’œil sur un commerce dont l’ampleur et les profits ne cessent d’augmenter.

Le bouillonnement d’idées du XVIIIe siècle s’accommode mal des entraves de la censure, et l’on invente toutes sortes de procédés pour la contourner. Les libraires ont alors recours aux « fausses adresses » : on imprime en France sous une adresse étrangère, afin d’échapper au privilège royal, et l’on écoule le livre sous le manteau. Les tomes VIII à XVII de l’Encyclopédie, frappée d’interdiction en 1759, paraîtront ainsi sous l’adresse suisse de Neufchâtel.

Le Directeur de la Librairie peut aussi accorder une « permission tacite », qui permet au livre de circuler sans privilège. Au temps de l’Encyclopédie, c’est Malesherbes, homme éclairé et ami des philosophes qui occupe cette fonction. Il sauvera plusieurs fois l’ouvrage en avertissant les éditeurs des visites de la police. Après la révocation du privilège, il trouve un compromis, en insistant sur la menace de voir une aussi lucrative affaire partir à l’étranger : un nouveau privilège est accordé pour les volumes de planches… ce qui vaut permission tacite pour les volumes de texte encore à paraître.