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Le siècle philosophe

4-1-sieclephilosophe250pix.jpg« Cet ouvrage produira certainement avec le temps, une révolution dans les esprits, et j'espère que les tyrans, les fanatiques et les intolérants n'y gagneront pas. »

Lettre à Sophie Volland 26/09/1762.

L’Encyclopédie est beaucoup plus qu’une somme de connaissances, si bien organisée soit-elle. Dans l’article « Encyclopédie », Diderot énonce clairement l’intention de ses auteurs: « changer la façon commune de penser ».

Le projet encyclopédique pose l’intelligence de l’homme en juge souverain et revendique le droit au libre examen des institutions et des croyances. Observation empirique et démonstration rationnelle doivent éclairer et faire progresser l’humanité.

Le savoir n’est plus figé, c’est un corps vivant qu’il convient de stimuler par la critique.

Le système des renvois est un gage de cohérence, mais aussi un procédé habile pour glisser les remarques les plus audacieuses dans des articles apparemment anodins. Le lecteur, devenu acteur et complice du texte, s’amuse à les chercher.

Pour les hommes des Lumières, l’intolérance religieuse est devenue insupportable : l’Encyclopédie la ridiculise en l’assimilant à la superstition.

En matière de politique, dès la lettre A, Diderot donne le ton :

« Aucun homme n'a reçu de la nature le droit de commander aux autres. La liberté est un présent du Ciel, et chaque individu a le droit d'en jouir » (art. « Autorité ») … dans une monarchie absolue de droit divin, une telle audace est dangereuse.

La cour n’est pas épargnée : l’article « Cour » la dépeint comme le lieu de « l’aversion pour la vérité, la flatterie, la trahison, la perfidie ».

Alors, l'Encyclopédie est-elle, comme on l'a dit, une « machine de guerre » ?

Les encyclopédistes ne sont pas des révolutionnaires, au sens de 1789.

Leur soif de savoir et de justice, pacifique,vise à desserrer l’étau d’un carcan social, politique et religieux dépassé, à faire valoir le droit de chaque être humain à penser et à connaître sans entraves, et à rendre sa dignité au travail manuel, jusque là considéré comme « ignoble ».

La conviction que tout savoir est émancipateur et que l’homme est naturellement bon et perfectible témoigne d’une vision fondamentalement optimiste, tout comme les planches qui offrent le spectacle d’un monde en harmonie, où même les plus humbles travailleurs, correctement vêtus et chaussés, se voient rendre leur dignité.

Livre d’avant la tourmente, l’Encyclopédie fut surtout « la tentative d’un siècle philosophe ».