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Incunables

Vers 1450, Johannes Gensfleisch, dit Gutenberg, établi à Mayence, met au point un procédé qui va changer la face du monde des livres : il imprime en utilisant des caractères mobiles en métal, et une presse capable de produire une pression puissante. Son chef-d'oeuvre, la « Bible à 42 lignes », voit le jour en 1455. Son exemple est vite suivi par d'autres imprimeurs allemands. Ces premiers livres imprimés en Europe occidentale, entre 1450 et le début de l'année 1501, sont appelés « incunables » (du latin incunabulum, berceau). n°13 à 16

Le nouveau procédé, qui permet de reproduire les textes plus rapidement, à moindres frais, et sans erreur, connaît dès lors un développement fulgurant, avec de rapides progrès et de nombreuses améliorations : ainsi, les caractères gothiques imités des manuscrits allemands, dits « lettres de forme », laisseront place à la « lettre de somme », moins anguleuse, puis au « caractère romain », plus lisible et agréable à l'oeil. Au début, les imprimeurs cherchent à imiter au plus près la mise en page du manuscrit médiéval, mais progressivement, une esthétique propre à la page imprimée se dessine.

L'illustration, parfois encore peinte à la main, sera le plus souvent réalisée en xylogravure. Désireux de vendre leurs productions ou de parfaire leur technique, les imprimeurs sont de grands voyageurs : aussi le savoir-faire allemand s'est-il rapidement diffusé dans toute l'Europe, notamment en France et en Italie.

A la fin du XVe siècle, Paris, Lyon et surtout Venise sont devenues des capitales du livre imprimé. Le vénitien Alde Manuce, homme de haute culture, helléniste, grand innovateur, est l'auteur du premier catalogue de vente, lance le format in-octavo, qui rend l'objet plus aisément transportable, la reliure en maroquin, l'utilisation du carton qui remplace le lourd plat de bois, et l'élégant caractère « italique ». En 1500, Alde publie Le Songe de Poliphile, chef d'oeuvre du livre de la Renaissance, admirable d'harmonie entre la typographie et l'illustration gravée.

Les imprimeurs de ce temps sont bien autre chose que des techniciens : souvent érudits, ils allient en outre les qualités commerciales à la créativité, car ils sont à la fois hommes d'affaires avisés et inventeurs de génie. Gutenberg et Schöffer à Mayence, Ratdolt à Augsburg (n°16), Koberger à Nuremberg (n°13), Jenson et Alde à Venise, Simon Vostre et Antoine Vérard à Paris, seront quelques uns des plus célèbres, dont les oeuvres sont aujourd'hui encore identifiables grâce à leur « marque », sorte de logo avant la lettre.

Dès ses débuts, le livre imprimé est un éclatant succès : entre 1450 et 1500, près de 30 000 titres, représentant entre 15 et 20 millions de volumes, seraient sortis des presses.