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Un garçon dangereux

6-garcondangereux250pix.jpgAnimateur de l'Encyclopédie, Diderot en est à la fois l’éditeur scientifique et l'un des auteurs les plus importants (environ 5 000 articles).

Fils d'un artisan coutelier langrois, il garde de ces origines une profonde compréhension du travail manuel, reflétée dans l'Encyclopédie, par la minutie et le respect avec lequel sont traités les « arts mécaniques ».

Elevé chez les Jésuites, sa famille le destine à la prêtrise ; mais cet esprit curieux, gai et sociable va bien vite se rebeller et s'enfuir.

Installé à Paris à partir de 1728, il découvre avec délices la vie de la capitale : le Quartier Latin, les théâtres, les cafés... Polygraphe de génie, il a de multiples intérêts : sciences, musique, mathématiques, philosophie matérialiste...

Ses premiers écrits, roman libertin, traité scientifique, Pensées philosophiques, reflètent cette diversité, mais se distinguent déjà par son inimitable style.

L’un de ces écrits, la Lettre sur les aveugles à l’usage de ceux qui voient, lui vaudra trois mois d’emprisonnement par lettre de cachet. Cette expérience le marquera à jamais.

Impécunieux et bohême, sa solide culture et sa maîtrise de l'anglais lui permettent de subsister grâce à des traductions, notamment de dictionnaires : c'est ainsi qu'il fait la connaissance du libraire Briasson, l'un des futurs associés de l'Encyclopédie.

Il noue de multiples et diverses amitiés : Rousseau lui sera très attaché, avant leur brouille, que tous deux regretteront toujours. Marié, il a des aventures, puis une liaison tendre et durable, en grande partie épistolaire, avec Sophie Volland.

Tout en consacrant près de 25 ans de travail à l’Encyclopédie, il poursuit son oeuvre multiforme. Il invente le “drame bourgeois”, écrit La Religieuse, qui dénonce les vocations forcées, Le Neveu de Rameau, Jacques le Fataliste et son maître ; il écrit de brillants dialogues et est aussi critique d’art. (voir bibliographie)

Dans l’aventure encyclopédique, il se montre infatigable et résistera à toutes les campagnes de dénigrement, menaces et interdictions. Il refuse d’expatrier l’entreprise en Prusse, comme Voltaire le lui propose, et mène à son terme, en 1772 , la publication du Recueil de planches.

Il restera cependant toujours critique face à son grand oeuvre, qu’il aurait rêvé plus parfait.

En 1764, une découverte le remplit d’amertume : il apprend que Le Breton a censuré certains de ses articles. Il écrit au libraire : “ Vous l’avez châtrée, dépecée, mutilée (...) ”

Malgré ces avanies, et bien que, contrairement à Rousseau et Voltaire, il ne repose pas au Panthéon, celui que Voltaire appelait “ frère Platon ” demeure dans l’histoire comme l’âme d’une “ oeuvre immortelle” , et l’une des grandes figures du siècle des Lumières : un esprit libre.

Rapport de police sur Denis Diderot, 1er janvier 1748 : “C’est un garçon plein d’esprit mais extrêmement dangereux ”